Le soleil suit un cycle de onze ans d'activité magnétique, et la phase de ce cycle dans laquelle tu te trouves influence la fréquence à laquelle tu peux observer les aurores boréales. Le cycle 25 a dépassé son maximum, ce qui signifie que les prochaines saisons seront en phase de déclin.
Il est évident que tu as manqué les bonnes années. Cette interprétation est erronée, ou du moins trop simpliste, et il est important de comprendre pourquoi avant de décider si tu dois partir cet hiver ou si tu dois attendre.
Où en est le cycle 25
Le cycle, depuis son démarrage discret jusqu'à la phase que nous traversons actuellement.
Les origines
Décembre 2019
Cycle 25 commence
Le minimum entre les cycles 24 et 25. Le nombre de taches solaires est proche de zéro, et il y a de longues périodes sans aucune tache solaire. L'activité aurorale reste présente dans les hautes latitudes, mais elle est causée par les trous coronaux plutôt que par les éruptions.
2020-2023
La hausse est plus rapide que prévu
Le groupe d'experts officiels avait prévu un cycle modéré, atteignant un pic d'environ 115, similaire au cycle 24, qui était faible. Cependant, le nombre de taches solaires a systématiquement dépassé cette prévision dès le début.
La croissance
Octobre 2024
Le maximum, et ce n'était pas une estimation prudente
La NASA et la NOAA ont annoncé que le soleil avait atteint son maximum d'activité. Le nombre de taches solaires, après avoir été lissé, a atteint un pic de 160,8, bien au-dessus des 115 prévus. C'est cette période qui a donné lieu aux magnifiques phénomènes lumineux observés à des latitudes moyennes, et largement photographiés.
2025
Le plateau
L'activité reste élevée. Les maxima solaires ne sont pas des points isolés, mais des périodes larges et irrégulières, souvent avec plusieurs pics, et les tempêtes les plus intenses ne se produisent pas forcément pendant le mois le plus actif.
Aujourd'hui
Mars 2026
Les pôles s'inversent, ce qui confirme la descente
Les pôles magnétiques du soleil terminent leur inversion, ce qui est un indicateur fiable que le cycle a atteint son point de bascule. Les jours sans taches solaires commencent à réapparaître.
2026-2028
La phase de déclin
Le nombre de taches solaires diminue, mais l'activité géomagnétique ne suit pas la même tendance. C'est pendant cette période que les trous coronaux prennent le relais et deviennent le principal facteur, et historiquement, c'est une période favorable aux aurores aux latitudes élevées.
Vers 2030
Le minimum suivant
Le cycle 26 commence. Entre maintenant et ce moment, la tendance est à la baisse, ce qui constitue un argument valable pour agir plus tôt que plus tard.
Pourquoi une baisse ne signifie pas forcément le silence
Deux phénomènes différents provoquent les tempêtes géomagnétiques, et ils atteignent leur maximum à des moments différents du cycle.
Les éjections de masse coronale sont des éruptions. Elles nécessitent des champs magnétiques complexes pour les alimenter, donc elles sont liées au nombre de taches solaires, et elles sont plus fréquentes autour du maximum solaire. Ces phénomènes provoquent des événements spectaculaires, imprévisibles et parfois énormes.
Les trous coronaux sont l'inverse : des régions où le champ magnétique s'ouvre et laisse le vent solaire s'échapper à grande vitesse. Ils deviennent vastes et durables pendant la phase de déclin, et le flux rapide qu'ils libèrent, en rattrapant le vent plus lent qui le précède, produit son propre type d'orage.
Ainsi, les conducteurs préfèrent transmettre les données plutôt que de les éteindre. La phase de déclin est bien connue pour générer une activité récurrente importante, et les études sur les événements extrêmes montrent que, bien que les tempêtes les plus violentes au maximum proviennent des éruptions, la phase de déclin est également influencée par ces courants à grande vitesse.
Ce programme de 27 jours, qui est vraiment utile
Les trous coronaux peuvent persister pendant plusieurs rotations solaires. Vu de la Terre, le Soleil tourne sur lui-même environ une fois tous les 27 jours. Autrement dit, le même trou qui a dirigé un flux rapide vers nous cette semaine peut le refaire environ 27 jours plus tard, puis encore après.
C'est le seul schéma réellement récurrent dans les prévisions des aurores boréales. Si tu as observé une période d'activité importante il y a un mois et qu'aucune éruption solaire n'est intervenue, il vaut la peine de surveiller à nouveau cette même période. Ce n'est pas assez fiable pour réserver un vol en se basant dessus, mais c'est l'élément qui se rapproche le plus d'un calendrier pour ce phénomène.
L'effet des équinoxes, qui s'ajoute à tout le reste
Il existe un schéma saisonnier qui se superpose au cycle solaire. Les tempêtes géomagnétiques sont environ deux fois plus fréquentes autour des équinoxes que pendant les solstices, et cela est connu depuis que Russell et McPherron l'ont expliqué en 1973.
Le mécanisme est géométrique. L'axe magnétique de la Terre est incliné, et autour des équinoxes, il s'aligne d'une manière qui facilite la connexion entre le champ du vent solaire et le nôtre. Une connexion plus facile signifie un transfert d'énergie plus important, ce qui se traduit par davantage d'aurores.
Maintenant, place cela à côté des informations météorologiques. Septembre et mars sont également les mois qui présentent les meilleures statistiques concernant les nuages dans nos données ERA5, et le meilleur mois pour Rovaniemi, avec une grande marge, est mars. Deux effets indépendants, l'un atmosphérique et l'autre magnétique, pointent tous deux vers les équinoxes. C'est la chose la plus importante et la plus concrète que tu peux retenir de cette page.
Alors, devrais-tu y aller cette saison ou attendre ?
Vas-y plus tôt. Pas parce que le prochain hiver sera mauvais, mais parce que la tendance actuelle est à la baisse et ne s'inverse pas avant environ 2030.
Les saisons 2026-27 et 2027-28 devraient encore être bien au-dessus de ce que n'importe qui a connu entre 2017 et 2023, lorsque l'activité solaire était faible. Attendre trois ans signifie arriver près du minimum. Il n'y a pas de rupture brutale, juste une pente, et cette pente ne fait que descendre pour le reste de la décennie.
Il est important de préciser ceci : le cycle solaire influence les probabilités sur une période donnée. Il ne te donne aucune information sur une nuit particulière, et son impact sur ton voyage est bien moins important que la présence de nuages. Une semaine dégagée près du minimum solaire sera toujours préférable à une semaine couverte au moment du maximum.
Questions sur le cycle
2024 a-t-elle été la meilleure année, et est-ce que c'est déjà fini ?
2024 et 2025 ont été les années de pic en termes de nombre de taches solaires. Mais la phase de déclin a aussi ses avantages, surtout aux latitudes élevées, où il ne faut pas forcément une tempête exceptionnelle pour observer quelque chose. Les meilleures années pour l'observation aux latitudes moyennes sont probablement derrière nous ; les meilleures années pour Tromsø sont plus favorables.
Dans quelle mesure les prédictions concernant le cycle solaire sont-elles fiables ?
Modérément. Le groupe d'experts officiel avait prévu un maximum d'environ 115 pour ce cycle, mais il a atteint 160,8, soit environ 40 % de plus. Prédire la forme d'un cycle à l'avance reste une tâche réellement difficile, ce qu'il est important de garder à l'esprit lorsque tu lis des affirmations catégoriques sur les années à venir.
Est-ce que ce cycle de 27 jours signifie que je peux planifier un voyage ?
Pas vraiment. Il s'agit d'une tendance, et non d'un calendrier précis, et un trou coronal peut se dissiper entre deux rotations solaires. C'est utile pour déterminer la semaine où il faut suivre de plus près les prévisions, mais pas pour réserver des vols six mois à l'avance.
Est-ce que ça vaut la peine d'attendre le cycle 26 ?
Le cycle 26 ne atteindra pas son maximum avant le milieu des années 2030. Si la question concerne cette décennie, la réponse est que les chances diminuent à partir de maintenant, et qu'il est préférable d'agir dans les deux ou trois prochaines saisons plutôt que d'attendre.
Comment le cycle est mesuré, et pourquoi les prévisions se sont révélées erronées
Le cycle est suivi en comptant les taches solaires, ce qui constitue la plus longue série de données scientifiques que nous ayons sur le soleil. Les comptages systématiques remontent au milieu du XVIIIe siècle, c'est pourquoi les cycles sont numérotés et pourquoi le cycle actuel est le vingt-cinquième.
Le chiffre indiqué est une valeur mensuelle smoothed, calculée en faisant la moyenne sur environ treize mois. Cette méthode de lissage est la raison pour laquelle le maximum solaire est toujours annoncé en retard : tu ne peux pas savoir qu'un pic lissé s'est produit tant que tu n'as pas les données des mois qui le précèdent et qui le suivent. Lorsque la NASA et la NOAA ont confirmé le maximum en octobre 2024, elles confirmaient quelque chose que le soleil avait déjà fait.
La prévision pour ce cycle était notablement inexacte. Le panel de prédiction officiel s'attendait à un cycle modeste, atteignant un pic d'environ 115, similaire au cycle 24, qui était faible. Le chiffre corrigé a atteint 160.8, soit environ quarante pour cent de plus, et il y a été plus tôt que prévu.
N'oublie pas cet écart à chaque fois que tu lis des affirmations péremptoires sur les saisons à venir, y compris sur cette page. La prédiction du cycle solaire est réellement difficile : les modèles ne s'accordent pas entre eux, et le groupe qui élabore les prévisions officielles s'est trompé de manière significative lors du dernier test. Quiconque te dit exactement à quel point 2028 sera bon ne fait que spéculer, avec plus de confiance que ce que la science permet.
Ce qui est certain, c'est la forme plutôt que la hauteur. Les cycles augmentent, atteignent un pic, puis diminuent sur une période d'environ onze ans, et la polarité du champ magnétique solaire s'inverse au maximum. Cet inversion s'est achevée en mars 2026, ce qui confirme, indépendamment de toute prévision, à quel stade du cycle nous nous trouvons.
Ce qu'une tempête de classe Carrington pourrait provoquer aujourd'hui
La plus grande tempête jamais enregistrée, en septembre 1859, est restée dans les mémoires pour les aurores boréales observées dans les Caraïbes et pour les opérateurs de télégraphe qui travaillaient grâce aux courants induits. Elle est également un exemple de l'intensité que peut atteindre l'activité spatiale, et c'est pourquoi l'échelle G comporte un niveau 5.
Le monde de 1859 avait presque rien d'électrique susceptible d'être endommagé. Le nôtre, oui. Une tempête de cette ampleur aujourd'hui provoquerait des courants dans de longs conducteurs, ce qui signifie aujourd'hui des lignes de transmission haute tension et des pipelines, plutôt que des fils télégraphiques. Les conséquences possibles sont des dommages aux transformateurs, des coupures de courant régionales, des perturbations des satellites, une dégradation du positionnement GNSS et des coupures de radiofréquences sur le côté ensoleillé de la Terre.
C'est pourquoi les conditions spatiales sont surveillées en continu par les agences nationales, et non seulement par les chercheurs, pourquoi les gestionnaires de réseaux électriques ont des procédures spécifiques à cet effet, et pourquoi le Met Office et la NOAA proposent tous deux des services de surveillance des conditions spatiales, en plus de leurs prévisions météorologiques habituelles.
Il est également important de le dire clairement, car le marketing d'Aurora Marketing peut parfois évoquer des images apocalyptiques : rien de tout cela n'est dangereux pour toi, même si tu te trouves dans un champ. Les particules s'arrêtent à plus de cent kilomètres au-dessus de toi. Une tempête violente est un problème pour les infrastructures, mais c'est une nuit exceptionnellement belle pour quiconque se trouve dehors et regarde le ciel.
Les tempêtes de cette ampleur sont rares et ne se limitent pas aux périodes de maximum solaire. Les événements les plus importants d'un cycle peuvent se produire pendant la phase de déclin, comme c'est le cas actuellement, et c'est une raison valable pour agir dans les prochaines saisons plutôt que d'attendre.
Sources
- Centre de prévision des conditions spatiales de la NOAA — l'évolution du cycle solaire, le relevé officiel du nombre de taches solaires et ses prévisions, ainsi que les échelles des conditions spatiales de la NOAA.
- NASA — Informations générales sur le cycle solaire et l'annonce d'octobre 2024 concernant l'atteinte du maximum du cycle 25 : nasa.gov.
- Met Office — service d'informations sur les conditions spatiales et commentaires sur la phase de déclin : metoffice.gov.uk.
- Russell, C. T. et McPherron, R. L. (1973), concernant la variation semestrielle de l'activité géomagnétique, Journal of Geophysical Research, doi 10.1029/JA078i001p00092 — l'effet des équinoxes décrit ci-dessus.
- Le nombre de taches solaires est une valeur lissée, généralement calculée en faisant une moyenne sur environ treize mois, c'est pourquoi le maximum solaire ne peut être confirmé qu'a posteriori.
Données vérifiées le. Données sur le cycle solaire provenant des annonces de la NASA et de la NOAA, ainsi que des données sur l'évolution du cycle solaire fournies par le SWPC. Inversion polaire signalée pour mars 2026. Effet des équinoxes, selon Russell et McPherron, 1973.
Ce cycle détermine les chances de succès pour une saison
Cela ne mentionne aucune nuit en particulier, et c'est bien moins important que de savoir s'il y a des nuages à l'endroit où tu te trouves.